Un peuple et une histoire : l’art du combat est indissociable de l’histoire du peuple vietnamien. Cet art a évolué selon les périodes fastes ou déclinantes connues par le peuple des « hommes du sud ». Les gestes des pratiquants d’aujourd’hui prennent leurs racines dans un passé et une tradition qui les nourrissent.
Le vo, c’est-à-dire le combat, la boxe, tire ses racines de l’antiquité vietnamienne et son développement s’est effectué pour répondre aux invasions de la Chine, aux incursions des Mongols et pour se défendre durant les guerres contre d’autres peuples comme les cambodgiens.
Au cours de cette histoire mouvementée, le peuple vietnamien a créé et enrichi ses propres techniques, ses propres théories guerrières, influençant et étant influencées par les pratiques chinoises ainsi que celles venues d’Indonésie, ou encore de la longue chaine himalayenne. Il ne s’agit donc pas d’une simple copie ou imitation des méthodes chinoises, mais bien de confrontations et d’échanges qui eurent lieu dans les deux sens. En effet, le Viêt-Nam a toujours été un creuset où les influences étrangères se sont retrouvées remodelées au contact des connaissances et des traditions du pays Viêt.
Plus tard, du début du XVIème siècle à la fin du XVIIIème siècle, le Viêt-Nam connait une guerre continuelle entre le nord et le sud du pays. Le vo se sépare en plusieurs courants selon le soutien apporté à l’une ou l’autre région. Ainsi, la différenciation entre les pratiques est de plus en plus forte suivant leur implantation géographique, amenant à la création de styles bien spécifiques.
Le XIXème siècle marque un tournant dans l’histoire du Viêt-Nam, comme pour de nombreux pays asiatiques. L’influence occidentale se fait de plus en plus pressante et aboutie à la colonisation française. Les français, forts de leur puissance mécanique, se rendent rapidement maître du pays, faisant éclater les structures sociales archaïques et obligeant les écoles d’arts martiaux à se réfugier dans la clandestinité. Cette situation favorise une nouvelle fois la différence entre les écoles selon leur implantation dans le pays.